Bibliothèque de Dwimmia

La montagne de Dwimmia abrite l'un des secrets les mieux gardés de Délos... Seul quelques heureux élus étrangers à la montagne ont pu y être initié et n'ont plus jamais voulu la quitter.
 
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 [Quête] Le vieux Grimoire

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Xyriel
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MessageSujet: [Quête] Le vieux Grimoire   Lun 16 Juin - 14:17

[Par Berin, mais pas là pour poster^^]

Quête: Le vieux Grimoire

Le soleil était radieux dans les plaines de la Terre Modèle. La montagne de Dwimmia, tout au sud, grouillait de vie, comme à l'habitude. Les chauds rayons s'infiltraient jusqu'au coeur de la montagne par des ouvertures pratiquées à cet effet et se rendaient ainsi jusqu'à la Grande Bibliothèque, où travaillaient déjà les responsables de l'endroit. D'ailleurs, la plupart d'entre eux étaient réunis autour d'une petite table à l'écart, sur laquelle reposait une carte représentant la terre de Délos au grand complet. Pour l'occasion, le roi Berin lui même s'était déplacé.

-Mes chers confrères, les travaux d'agrandissement de la Bibliothèque sont complétés, j'en ai eu la confirmation ce matin même. Le temps est donc venu de faire comme mes ancêtres de jadis et de sortir de la montagne à nouveau parcourir ce monde pour regarnir ces novelles étagères, et ainsi garantir que Dwimmia restera le plus grand lieu du savoir.

Le roi souriait en prononçant ces mots, sachant que certains de ceux qu'il hébergeait chez lui seraient ravis par cette nouvelle... Ils pourraient enfin sortir de cette tanière!

-Pour ce faire, nous devrons rendre visite à de grandes cités, parfois même livrer bataille, pour apprendre ce que nous ne savons pas déjà et le coucher sur papier, que ce savoir perdure. Nous commencerons bien sûr près de chez nous, tâter le terrain... Cela fait si longtemps que notre peuple est resté au creux de la montagne...

Il poussa un long soupir. Ne lui restait plus qu'à dire enfin le nom de l'endroit qu'ils visiteraient, et les préparatifs pour le voyage, et même guerre commenceraient.

-Ainsi mes amis, j'ai nommé la Rose Sanglante comme première cible de nos recherches. Certes, ils semblent nombreux, mais j'ai confiance qu'à défaut d'obtenir quelques bribes de leur savoir pacifiquement, nos troupes seront suffisantes pour leur proposer un défi de taille. Il est donc temps de se préparer pour la guerre, car nous ne savons pas ce que le futur nous réserve.

Ils quittèrent chacun leur tour la petite table, Berin un peu plus tard que les autres car il avait roulé la carte. Il demeurait songeur. Voilà qu'après des siècles passés au creux de Dwimmia, les siens ressortiraient du ventre de la montagne pour goûter au monde extérieur et ramener le plus d'informations et d'écrits possibles sur ce nouveau monde. Ce qu'il n'avait pas dit au autres, c'est qu'il cherchait un seul écrit en particulier, le reste viendrait en complément. Un seul vieux grimoire, oublié à travers les siècles, et il avait des raisons légitimes de croire qu'il se trouvait dans les terres de la Rose. Il osait à peine imaginer ce que contenait ce livre; seulement, il avait été cité trop souvent dans les écrits concernant la magie qu'il devait revêtir une importance capitale...

Il prit le temps d'écrire une petite lettre à Champ, le dirigeant de la Rose, car il ne tenait pas à ce que la visite des siens ne leur soient une trop grosse surprise.


Citation :
Seigneur Champ,

Les nains de Dwimmia et leurs protégés ont dormi trop longtemps déjà, et le nouvel agrandissement de la Bibliothèque nous permet de rafraîchir et d'étendre notre savoir sur ce monde, savoir qui est le trésor le plus cher de notre peuple.

Je ne m'étendrai pas trop là dessus, car ce n'est pas le sujet de cette lettre; Aussi, ne soyez pas trop étonnés si vous voyez nos armées en vos terres dans les jours qui viennent. Il nous manque un livre dont il n'existe qu'un seul exemplaire, et j'ai toute les raisons du monde pour croire qu'il se trouve quelque part, caché dans l'un de vos royaumes.

Surtout, n'allez pas croire que vous pourrez me faire changer d'avis avec de sottes promesses telles que ''nous allons vous le remettre'', car je ne les croierai pas. Cet ouvrage comporte trop de renseignement sur les usages oubliés de la magie qu'il ne peut êre laissé en n'importes quelles main, et que le possesseur ne voudra jamais s'en débarasser, à moins d'être un véritable fou, ou de ne jamais y toucher, ni le lire.

Je tenais à vous avertir, car s'il est une valeur chère aux nains, c'est bien l'honneur.
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Xyriel
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MessageSujet: Re: [Quête] Le vieux Grimoire   Lun 16 Juin - 14:22

Les nuages obscurs pleuraient avec un chagrin amer; la Lune, voilée par le brouillard opaque tentaient désespérément de se dérober à ses sombres ravisseurs.

La fête battait son plein au bar du Sage Dragonnet. Pichet après pichet, les Nains ouvraient les fûts de divin nectar avec une avidité avouée et sauvage. Certains chantaient à tue-tête des chansons d'ivrogne à n'en plus finir, sous un tempo endiablée donné par un tapageur qui s'amusait apparemment avec des barils trouvés par-ci, par-là, d'autres vidaient à tour de rôle leurs choppes remplies à ras bord, sous l'œil attentif de spectateurs abasourdis. Les quelques humains qui se trouvaient dans cet établissement à ce moment semblaient être dépaysagés, perdus, et avec raison. La charpente de la bâtisse avait été construite par des Nains et, donc, pour des Nains. Les hommes se cognaient le front sur le plafond alors que les femmes - qui n'étaient en fait que deux dans l'échoppe - regardaient avec dégoût deux nains faire fi des règles de bienséance et monter sur une table longue et danser à un rythme effréné tout en lançant des rires et des clins d'œil torves auxdites dames.

Parmi les hommes qui se trouvait, ce soir-là, dans la grande salle à l'éclairage tamisé et à l'ambiance festive, Oromir Piedbot était celui qui avait le plus abusé de la bonne bière naine, grande spécialité de Dwimmia. Verre après verre, il buvait, tel un ogre qui, acharné, dévore sa proie impuissante, la liqueur de couleur ambre qui faisait la renommée de l'établissement du Sage Dragonnet. Les minutes passaient, inlassablement, les heures s'écoulaient et lui, Oromir, dont le fameux surnom "Piedbot" lui venait de sa jambe décharnée, grêlée et bien plus petite que l'autre, continuait à boire. Sa jambe, bien que rétablie depuis peu de la gangrène qui l'a frappé suite à un accident dans les champs, le faisait encore souffrir le martyr; par certains endroits, de petites cloques de pus suintaient la misère et l'affliction et parfois éclataient de douleur, ce qui laissait à Oromir une amère vague de mal et de mortification. C'est donc pourquoi, depuis sa guérison, Oromir dit le Piedbot se noie, se perd dans l'alcool; pour engloutir sa douleur et sa honte dans les flots de boissons alcoolisées, prêt à les engloutir jusqu'à la Cité d'Atlantis.

Il s'était bien vite habitué à l'ambiance joviale de la taverne depuis son arrivée à la Cité du Savoir; il avait maintenant une table assignée à sa personne, car nul nain sain d'esprit ne se mettrait à la table d'un Homme frustré et désespéré.Il se trouvait dans un coin sombre de la large pièce. Bien peu de gens venaient lui parler lorsqu'il se trouvait dans un recoin peu éclairé à boire tranquillement sa choppe bien remplie. En réalité, il ne se trouvait que quelques téméraires pour venir discuter avec lui. Certes, il aimait bien la compagnie de certains, comme celle de Kurback, qui vient souvent discuter de tout et de rien avec lui, ou encore la serveuse Ajara, mais la plupart du temps, il préférait rester seul, sirotant sa bière, et écoutant les autres festoyer et raconter les ragots et les potins de la ville basse. Ce soir-là, les Nains étaient particulièrement excités: Berin, Roi de la Cité, avait ordonné aux citoyens de ripailler comme de vraies ribauds car, bientôt, la Citadelle du Savoir et de la Connaissance entrerait en guerre contre une guilde connue sous le nom de la Rose Sanglante. Ajara vint s'attabler à la droite d'Oromir, laissant à son fils aîné, Ejere, le soin de s'occuper des joyeux clients. Oromir ne voyait certes plus très clair, mais il reconnut avec une aisance indéniable le sourire moqueur de la vieille naine.


- Alors, on profite pas d'la fête, baluchon d'peine et de p'tites misères?

Elle lui donna une légère claque amicale sur l'épaule, espérant mettre du baume au cœur d'un homme esseulé, mais Oromir ne fit que grogner une vague déclination. Elle le foudroya du regard, légèrement insultée, puis se détourna de lui et commença à s'affairer sur la table d'à côté, abîmée par une légère rixe de brutes avinées. Oromir soupira, la tête dans les vapes indéfinies, indéterminées, et but une grande lampée de bière, la dernière de sa choppe. Il fit signe à Ejere de la remplir, ce qu'il fit aussitôt pour enfin s'éclipser dans l'arrière-boutique.

- J'ai pô à faire la fête; j'vais pô à la guerre, d'toute façon et c'te fête, c'pour ceux qui y vont, just'ment.

- J'crois pô, moi. La fête est pour ceux qui veulent la faire et pas la bouder, c'tout. T'pourrais au moins t'joindre aux autres, t'sais.

Oromir lui lança un regard, vide de sens, vide de sentiment, et but une autre gorgée de la liqueur ambrée.

- T'sais pourquoi on la fait, c'te guerre, Ajara? On m'a donné aucune raison, à moi.

- Selon les ragots, Berin v'lait, à la base, tester ses nouveaux diplomates. Il a envoyé quelques émissaires aux divers royaumes environnants, mais sans gros succès. Seuls la Quête du Saint-Graal et quelques autres ont répondu à l'appel, à c'que j'ai entendu dire. Or, il se trouve qu'un des émissaires en mission, celui en fonction chez la Rose Sanglante, pour être plus précise, aurait découvert une ancienne bibliothèque en leur royaume. Y'aurait d'véritables vestiges écrits là-bas, y paraîtrait. Berin, quand y'aurait appris la nouvelle, aurait ordonné à c't'émissaire de lui énumérer les différents titres qui s'y trouvaient. Tu peux pas t'imaginer à quel point y'a eu un choc en apprenant quels livres s'y trouvaient! De vrais vieux livres, d'véritables perles, j'te dis! Berin les veut, ces livres, il les désire. Jamais une autre Cité aura d'aussi vieux livres, qu'il a juré! Tu sais c'qu'il a trouvé, entre autre? Il aurait trouvé le fameux…

Oromir détourna la tête, déboussolé. Sa tête semblait tourner à une vitesse effarant, mais il savait bien que c'était faux. Abuser des bonnes chères ne fait pas tourner la tête, cela fait tourner l'imagination et les pensées, après tout. Il se leva, incertain, puis s'exclama d'une voix forte à Ajara:

- Bon, j…j'crois ben que je vais commencer à y aller… J'crois qu'ma couche m'appelle, moi.

Et sur ce, il mit son pardessus rapiécé par les mites et le Temps, et sans dire au revoir à Ajara ni à personne, il sortit de la taverne en fête d'un pas lourd, claudicant, incertain, non sans trébucher dans quelque chaise se trouvant, bien qu'indirectement, sur son chemin. Après la lumière de la salle emplie de joie et de bonheur vint la douce et consolante noirceur d'une sombre ruelle par une nuit sans nuage, éclairée seulement par une lune pleine de réconfort et de douceur.

******

Décidément, les escaliers de la grand-rue menant à la petite ruelle où se trouvait la maison d'Oromir était bien mal faits, pensa celui-ci. En effet, à chaque pas, les marches reculent, avancent, se jouent de lui. Rendu maintenant à quatre pattes dans la sombre et petite rue, il tenta tant bien que mal de trouver son chemin dans ce véritable dédale de marches incongrues.

Il se releva, non sans peine. Il venait peut-être de se rappeler comme monter des escaliers, mais il venait à présent d'oublier son numéro de porte! Maugréant contre lui-même, il avança dans le noir tout en touchant tour à tour les numéros de porte, espérant ainsi retrouver le sien dans les méandres de la ville. Une chance que personne ne me voit dans cet état, sinon, bonjour les moqueries à la taverne! Il ne pu s'empêcher de rire à cette dernière pensée; après tout, quoi de plus amusant à voir qu'une personne incapable de marcher droit ni de se souvenir de son misérable numéro de porte? Il se releva brusquement; un homme venait à son encontre, droit, palpable.

L'être en question n'était pas bien grand. À dire vrai, Oromir le dépassait d'une bonne tête, voire même deux, mais il y avait quelque chose en lui, une aura, qui émanait une certaine arrogance, un mépris, qui effrayait Oromir sans qu'il ne sache pourquoi ni comment. L'individu était entièrement vêtu de noir, son visage caché par un grand capuchon. Par certains moments, il laissait entrevoir, en marchant, un long fourreau d'un noir pur, immaculé. Ses mains étaient dissimulées par de minces gants d'un blanc éthéré, vaporeux. L'hominidé se mouvait avec une aisance et une fluidité incomparable, la fierté se laissait voir par chacun de se mouvements. À mesure que l'être s'approchait d'Oromir, qui n'avait, malheureusement pour lui, pas eu le temps de dessoûler, sa silhouette semblait grandir, grossir, jusqu'à ce qu'elle soit à quelques pieds d'Oromir. Celui-ci, qui était maintenant rendu à côté des barils de déchets publics, tentait désespérément de se presser contre le mur, afin de ne pas se mettre en travers du chemin de l'homme encapuchonné. Les yeux maintenant visibles de l'inconnu le foudroyaient du regard. Jamais Oromir n'eut aussi peur d'yeux si bleus, si éclatants, si…angéliques. L'inconnu était maintenant rendu à quelques pas de lui. Oromir le regarda d'un air impuissant, puis remarqua une chose, une seule et unique chose. Le dos du mystérieux individu était large, incroyablement large…


Sans qu’il ne dise un mot ni qu’il fasse qu’un seul geste, Oromir, qui s’était redressé et qui, sans savoir pourquoi, s’était mis en travers du chemin de l’inconnu au dernier moment, sentit l’épaule de l’être encapuchonné lui percuter le torse de plein fouet. Il y eut alors, l’espace de quelques secondes, un bref moment de totale incertitude entre Oromir et l’être mystérieux, mais celui-ci reprit ses esprits et se tourna vers un Oromir plus qu’apeuré.

- Alors, Autre, on se met en travers de mon chemin?

Oromir se rendit compte qu’il barrait encore la route à l’étranger. Il se jeta donc sur les barils de déchets publics, couverts de sueurs froides. L’inconnu resta là, debout dans la rue ténébreuse, le regard médusé, puis reprit sa marche. Fait bien étrange, la voix de l’être était…féminine. Oh, pensa-t-il, et puis, arrête de penser! Je reprendrai mes recherches demain. Après tout, ces barils m’ont l’air si confortables…
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Xyriel
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MessageSujet: Re: [Quête] Le vieux Grimoire   Lun 23 Juin - 1:02

Les grandes portes du Hall de la Connaissance s'ouvrirent avec fracas et clameurs bruyantes.

Les Nains furent irrémédiablement surpris; nul habitant de Dwimmia ne ferait si grand vacarme dans la Citadelle par une heure si tardive, surtout le soir de la Fête de la Guerre. Ils se tournèrent vers les portes massives et majestueuses de frêne poli. Un être encapuchonné se tenait là, debout, droit et fier, tel un étendard des Chevaliers de la Marche de l'Est, dans l'embrasure de l'entrée à la Citadelle. Sans glisser mot à la foule maintenant rassemblée devant lui, ni même y prêter une attention particulière, l'homme s'avança dans l'immense salle d'un pas vif et prompt.

- Laissez passer, Nains, laissez-moi passer!

La voix était tonnante, imposante. Elle semblait venir des confins de la terre, semblable à un grondement sourd. Cependant, chose dite ne fut certainement pas chose faite; les Nains n'obéirent nullement à l'injonction de l'étranger, malgré l'intonation effarante de celle-ci. Au contraire, gravement insultés par autant de manque de savoir-vivre, ils lui barrèrent le chemin, sans rechigner sur la discourtoisie. L'inconnu s'arrêta, probablement ébranlé par tant de hardiesse, puis éclat d'un rire à la fois cristallin et sardonique. Les Nains furent ébranlés par un tel agissement; ce rire lumineux, bien que démoniaque, ne pouvait malheureusement pas provenir d'un homme… mais une femme?

- Écartez-vous, Xyriel désire voir Berin de la grande Bibliothèque de Dwimmia! Écartez-vous, j'amène une dépêche urgente!

À l'évocation du nom de Xyriel l'Archange, les Nains se pressèrent prestement. Ils connaissaient que trop bien celle-ci, ils l'avaient déjà vu opérer. Sa fougue et son agressivité sauvage lui valaient une renommée d'enchanteresse malveillante parmi tous les serviteurs et subordonnés de la Citadelle.

- Ces foutus Nains et leur orgueil démesuré…

Le Hall était vaste, énorme; ses multiples colonnes, espacées, de plus d'une cinquantaine de pieds de hauteur, laissaient une certaine marche de manœuvre pour les êtres pourvus d'ailes, si grandes qu'elles peuvent être, constata Xyriel. Elle se défit rapidement de son grand pardessus couleur de jais, découvrant ainsi son fleuron qui effrayait tant ces Nains de la Montagne ainsi que ses grandes ailes aux plumes blanches, vaporeuses. Elle prit un bref élan et s'élança dans les airs, à la vue et au mécontentement de tous. Son vol, majestueux comme le vol d'un dragon en quête de proie aux petites aurores, fut pourtant fort bref; alors qu'elle venait même de s'envoler dans un bruissement d'ailes sonore, les nains se pressèrent vers les sorties les plus près d'eux, effrayés, terrorisés.

- Que se passe-t-il donc, Xyriel, Ange de la Cité? Chercherais-tu à rameuter ici la garde du Roi toute entière?

Un homme de forte stature sortit de la pénombre offerte par une des diverses colonnes, camouflé par la réaction des Nains troublés. Ses cheveux bruns, longs et tressés, étaient de la même couleur sombre que ses yeux pénétrants, acérés et effilés comme des lames de rasoir. Sa tunique, d'un fil doré originaire des Plaines centrales de la Terre délosienne, tombait avec exactitude sur ses épaules musclées et fortes. À sa ceinture de cuir était accroché le fourreau d'une épée longue, élancée, qui faisait tant de ravage sur les champs de bataille. Khaderick l'Ours était donc sorti de sa torpeur habituelle et de son antre. Normalement, il portait peu d'intérêts quant aux activités quotidiennes des Nains, excepté pour le tirage de la bière, mais semblait-il qu'en cette douce soirée d'été, l'Ours sauvage prenait place dans le cœur même de la Citadelle, le Hall de la Connaissance.

- Guerrier, je ne cherche point d'ennuis avec la garde de Berin; je ne fais que le quémander, lui. Je souhaite savoir si ce que l'on raconte dans la basse-ville est véridique, si nous allons réellement entrer en guerre.

- Je ne sors que très peu, vous savez, et les renseignements que j'obtiens sont souvent vieux et sans intérêt. Toutefois, une chose est sûre; le Roi s'est retiré tôt, ce soir. La fête au palais s'est déroulée sans sa présence; il se trouve présentement dans ses quartiers, avec le Conseil provisoire ainsi que le Général.

- Je vous remercie de l'information, Khaderik, preux compagnon d'Aurora la Chasseresse. Je vais le rencontrer à cet instant précis.

- Ainsi soit-il, Archange. Nos chemins se sépareront donc, car je vais aux quartiers des soldats. Si ce que vous dites s'avère être vrai, je devrais donc déjà préparer mes effectifs.

Il se dirigea prestement vers la porte menant à l'aile ouest de la forteresse naine alors que Xyriel, qui se dirigeait déjà dans la direction opposée, ouvrait déjà la porte en bois ternie par le Temps.
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Xyriel
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MessageSujet: Re: [Quête] Le vieux Grimoire   Lun 23 Juin - 1:07

- Berin! J'exige des explications, et maintenant!

La voix tonnante de Xyriel se fit entendre à travers le dédale de couloir qui servait d'appartements privés au Roi Berin de Dwimmia. Les gardes, endormis par une si rude soirée, tressaillirent au son de la voix si ironiquement rutilante de l'Ange. Lorsque l'Ange criait d'un ton si flamboyant de rage, le présage venteux d'une bien grande tempête sonnait le glas d'une soirée de tranquillité et de quiétude pour certains. Xyriel se présenta aux deux gardes surveillant la porte de la chambre du Roi, d'un pas vigoureux, agressif. Les soldats se regardèrent un bref moment, puis, cédant au regard perçant que leur lançait l'Ange contrarié, ouvrirent la petite porte de chêne. Berin se trouvait au milieu de la grande pièce, attablé avec ses conseillers et le Général Drasek. La table à laquelle ils se trouvaient était bien grande pour de si petites gens. Des parchemins rongés par le temps, des cartes de la Terre de Délos plus anciennes que ses propriétaires, des manuscrits et des manifestes se trouvaient ici et là, éparses, dans la chambre du Roi. Xyriel, cependant, ne s'arrêta pas aux détails, aussi flagrants étaient-ils; elle s'avança devant la compagnie qui, éberlué par autant d'audace, leva le sourcil sur ce geste dépourvu de tact.

- Roi Berin, j'exige des informations, et ce, maintenant! Elle brandit un papier jauni par la liqueur amère et les intempéries. Qu'est-ce que cela signifie donc? Une guerre? Comment pouvez-vous…

- Ma foi, je ne sais aucunement comment cela fonctionnait dans votre ancienne Cité, ma Demoiselle, mais ici, nous fonctionnons selon les principes de savoir-vivre, de politesse et d'amabilité. Vous venez, en quelques instants, de déranger bon nombre de gens, les soldats en poste ce soir, ainsi que mon Conseil de Guerre. Conseil de Guerre, car guerre il y aura, pour tout vous dire, en la regardant d'un air malicieux.

Le Roi coupa court la phrase que Xyriel disait; choquée, elle referma la bouche, puis se ressaisit rapidement.

- Excusez-moi, mon Roi, l'excitation et l'anxiété m'ont gagnés et les mots ont devancés ma conscience.

- Chose avouée est à moitié pardonnée, ma chère. Voyons, ne restez pas là, comme une fillette esseulée! Faites comme il vous en incombe, vous êtes mon invitée, joignez-vous donc à nous!

Les conseillers sursautèrent devant un tel affront à l'éthique naine; aucun étranger n'avait, à ce jour, assister à quelque Conseil. Xyriel s'approcha d'un pas lent de la table magnifiquement ouvragée.

- Or donc, comme je le précisais avant que l'on se fasse si gentiment déranger, nos espions chez la Rose nous ont révélé d'importantes bibliothèques privées se trouvant dans les bourgs éparpillés dans leurs contrées. Notamment, on y aurait trouvé ni plus ni moins que des essais concernant le Multivers de Thessalie, divers traités philosophiques sur l'Inéluctable avenir de nos terres. Le plus important livre trouvé, rajouta-t-il, en inspirant profondément, est, sans contredit, le Grimoire de la Magie élémentaire écrit de par la main de Bahagon même, le premier grand Mage. Il est de notre devoir premier de récupérer ces véritables trésors, de les placer en un lieu plus sûr, plus sécure, pour simple prévention. Si seulement cette quête pouvait s'avérer aussi simple...

D'un bond surprenant, le Roi se mit debout et commença à faire les cents pas dans la grande pièce. Son visage, habituellement si serein, si calme, démontrait une inquiétude indéniable. Il tenait, dans sa petite et forte main, un parchemin de lin blanc.

- Ce parchemin est de bien mauvais augure, mes chers comparses, dit-il enfin, après quelques minutes de sombres pensées. Des rapports de nos éclaireurs. Des troupes, de très grandes troupes armées, se dirigent présentement en direction de notre Cité.

- Quelles bannières, mon Seigneur?

- Ils tiennent les couleurs du Requiem.
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MessageSujet: Re: [Quête] Le vieux Grimoire   Dim 13 Juil - 23:33

Ils les avaient combattu bravement. Pas une seule parcelle de terrain n'avait été cédée aux guerriers de Requiem sans qu'ils ne subissent de lourdes pertes et les troupes de Dwimmia reprenaient confiance. À travers cette intrusion, le roi avait réfléchi longuement aux offensives qu'il avait mené contre la Rose. Il avait très certainement été berné, car aucun document de valeur ne se trouvait sur leurs terres. Pire, ils semblaient si désorganisés que leur chef Champ avait même perdu la missive pourtant pas si vieille de Berin, et lui demandait quel était le motif de leurs offensives. Puis, comme les hommes d'Arkantos lui étaient tombés dessus à ce moment précis, ils semblait probable que ce soit eux qui soient coupable d'avoir donné ces fausses informations à ses ''espions''. Quoi qu'il en soit, les intrus ne tiraient aucun avantage de la situation, loin s'en faut, et cela mettain Berin de très joyeuse humeur.

***

C'était fini. Requiem, puissance parmi les puissances selon beaucoup, était sur le bord de l'écroulement. D'une panoplie de demandes de compensation de leur part pour faire arrêter cette menace de massacre, Dwimmia leur avait obtenu de s'en sortir sans rien donner en retour. Enfin, seulement les écrits des KDI, les rares qui se trouvaient en ces lieux. Mieux encore, Berin avait du faire appel à toutes son autorité pour retenir ses protégés, les empêcher de sauter à la gorge découverte d'Arkantos. Un bon contact à l'intérieur de l'alliance ennemie lui avait clairement indiqué que Requiem était sur le bord du gouffre. Arkantos avait été évincé de son poste, et quelque jours à peine après le retour au calme, ils étaient finis, ou presque. Plus de menace de leur part, c'était maintenant certain.

***

Citation :
Seigneur Berin,

Après maintes recherches sur le continent, je n'ai pu trouver d'informatons fiables sur le vieux grimoire. Rien ne traverse la bouce des doyens de villages, même après quelques verres dans le nez. On croirait qu'il est vraiment disparu. Pourtant, j'ai un sntiment qu'au sein des terres des "Frères de sang'', là où je me trouve présentement, il y a quelque indice important pour nos recherches. Ils ne laissront toutefois personne venir fouiller sur leurs terres impunément, je vous reccomande donc la même méthode que pour la Rose. Seulement, établissez un campement plus près et faites le siège de leurs cités, c,est le meilleur moyen de percer leurs défenses.

Votre humble serviteur.

-Voilà qui promet mes chers. Cet indce dont il parle pourait nous mener directement à notre but. Et cela, nous ne pouvons le laisser passer. Qui est avec moi pour partir de nouveau en campagne?

La réflexion des nains faisant parti du conseil de guerre fut courte. À peine une dizaine de secnde s'était écoulé que berin disposait de l'appui de l'écrasante majorité des conseillers. Il ne lui manquit plus qu'à prévenir Xyriel, et cette fois-ci, elle n'aurait pas son mot à dire. Sous son ton enjoué la dernière fois, il avait trouvé très déplacé le comportament de l'ange et allait lui remettre la monnaie de sa pièce. Qu'importe ce qu'elle en dirait, il ferait ce que les nains font de mieux: s'entêter.

-Faites venir Xyriel ici...

Quelques minutes passèrent et on vit enfin sa silhouette passer le cadre de la porte. Son expression passe vite de l'interrogation à la surprise à la vue de tant de gens, et enfin à la colère lorsqu'elle compris enfin.

-Oh, ne me dites pas que vous préparez encore ça, vieux fou!

-Préparer quoi, ma chère? Je ne prépare rien -encore-, mais ça viendra. Tout ce que j'ai à vous dire, pour le moment, c'est que nous entrons en guerre de nouveau. Oui, vous avez bien entendu, et non, ce n'est pas votre avis que je demande. Je ne fait que vous avertir de ce fait, et vous dire de vous tenir prête.

-Oh!

Jamais elle ne s'était sentie si insulté, qui plus est, par un nain. Roi, certes, mais un simple nain...

-Très, bien, qui en soit ainsi. Sachez que je désapprouve totalement cette façon d'effectuer vos recherches, ''mon cher'', et que je n'hésiterai pas du tout à vous le rappeler. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites moi quérir. Peut-êre aurais-je cette fois là mon mot à dire...

Elle quitta la salle d'un air digne, bien qu'elle aie fusillé Berin du regard une dernière fois avant de quitter. Elle prendrait bien sa revanche un de ces jours, sur ce vieux nabot cinglé...

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